Hélène Grimaud

Lauréate du Festival de PIano de la Ruhr 2015

Humaniste du XXIe siècle, Hélène Grimaud n’est pas seulement une pianiste passionnée de musique qui joue de son instrument avec une grande poésie et une technique impeccable, elle s’est également révélée une grande avocate de la protection de la nature, une fervente militante des droits de l’homme et une femme de lettres talentueuse.
Née à Aix-en-Provence en 1969, elle se forme avec Jacqueline Courtin au conservatoire local puis à Marseille avec Pierre Barbizet. Elle est admise au Conservatoire de Paris dès l’âge de treize ans et remporte le premier prix de piano trois ans plus tard, en 1985. Elle poursuit sa formation avec György Sándor et Leon Fleisher. En 1987, elle donne son premier récital à Tokyo et est invitée par Daniel Barenboïm à jouer avec l’Orchestre de Paris. C’est le début d’une carrière étincelante. Elle se produit avec de nombreux orchestres prestigieux sous la direction de chefs renommés.
Entre son premier concert, en 1995, avec le Philharmonique de Berlin sous la direction de Claudio Abbado, et celui, en 1999, avec le Philharmonique de New York sous la direction de Kurt Masur – deux jalons importants parmi tant d’autres – s’insère un autre type d’événement : elle fonde dans l’État de New York le Wolf Conservation Center (« Centre de protection des loups »).
C’est sa rencontre fortuite avec un loup, dans le nord de la Floride, qui fait naître son amour pour l’espèce en danger et la décide à ouvrir un centre de sensibilisation à l’environnement. « Pouvoir participer activement à la protection des animaux et les remettre à la place qui est la leur, il n’y a rien de plus gratifiant », estime-t-elle. Mais l’engagement d’Hélène Grimaud ne s’arrête pas là : elle est également membre de l’organisme Musicians for Human Rights, un réseau mondial de musiciens et de personnes travaillant dans le domaine musical qui s’attachent à promouvoir une culture des droits de l’homme et du changement social.
Hélène Grimaud trouve également le temps de cultiver une autre passion : l’écriture. Elle est l’auteur de trois livres qui ont été traduits dans plusieurs langues. Le premier, Variations sauvages, paraît en 2003. Il est suivi par deux romans en partie autobiographiques : Leçons particulières en 2005, et Retour à Salem en 2013.
C’est cependant avec ses interprétations musicales, où se mêlent une intense réflexion et une tendresse expressive, qu’elle touche le public au plus profond. Un public vaste, car ses concerts avec orchestre et ses récitals l’emmènent dans le monde entier. Également chambriste ardente et passionnée, elle joue dans les grands centres musicaux et les festivals prestigieux avec les musiciens les plus divers : Sol Gabetta, Rolando Villazón, Jan Vogler, Truls Mørk, Clemens Hagen, Gidon Kremer, Gil Shaham, les frères Capuçon… Sa contribution prodigieuse au monde de la musique classique a été reconnue par le gouvernement français qui l’a faite chevalier de la Légion d’honneur.
Hélène Grimaud enregistre en exclusivité pour Deutsche Grammophon depuis 2002. Ses disques ont fait l’objet de louanges et reçu de nombreuses récompenses : « Enregistrement classique de l’année » à Cannes, « Choc » du Monde de la musique, Diapason d’or, Grand Prix du disque, Record Academy Prize (Tokyo), Prix du Midem classique et Echo Klassik en Allemagne.
Les premiers jalons de sa discographie sont Réflexion et Credo, deux albums réunissant des oeuvres thématiquement liées ; un programme Chopin/Rachmaninov ; un disque Bartók où elle joue le Troisième Concerto avec le London Symphony Orchestra sous la direction de Pierre Boulez ; un album Beethoven, avec la Staatskapelle de Dresde dirigée par Vladimir Jurowski, sélectionné par iTunes pour entrer dans la série Classical Essentials des meilleurs disques classiques de tous les temps ; un programme Bach avec des pages solistes et des oeuvres concertantes dans lesquelles elle dirige du clavier la Deutsche Kammerphilharmonie de
Brême ; un DVD où elle interprète le Deuxième Concerto pour piano de Rachmaninov avec l’Orchestre du Festival de Lucerne sous la direction de Claudio Abbado.
En 2010, elle enregistre un récital en solo, Résonances, qui réunit des oeuvres de Mozart, Berg, Liszt et Bartók. Suit en 2011 un album Mozart avec les Concertos pour piano nos 19 et 23 et l’air de concert avec piano concertant Ch’io mi scordi di te ? chanté par Mojca Erdmann. Vient ensuite Duo, avec la violoncelliste Sol Gabetta, qui remporte l’Echo 2013 dans la catégorie « Enregistrement de musique de chambre de l’année », puis, en septembre 2013, les deux concertos de Brahms avec Andris Nelsons – le Premier avec l’Orchestre de la Radio bavaroise, le Second avec le Philharmonique de Vienne.
En janvier 2016 sort Water, captation en direct du spectacle « aquatique » tears become… streams become… monté en collaboration avec l’artiste britannique Douglas Gordon, lauréat du prix Turner, dans un ancien bâtiment militaire de New York, la Park Avenue Armory. Hélène Grimaud y interprète des pages de Berio, Takemitsu, Fauré, Ravel, Albéniz, Liszt, Janáček, Debussy et du musicien éclectique britannique Nitin Sawhney qui a écrit sept petites Water Transitions pour ce disque dont il est également le producteur. Suit en avril 2017 Perspectives, un double disque qui présente un digest de la discographie DG de la pianiste choisi par ses soins. S’y ajoutent deux inédits : la Valse en la bémol majeur de Brahms et la transcription de Sgambati de la Danse des esprits bienheureux de Gluck, disponibles en streaming également.
Le disque suivant, Memory, sort en septembre 2018. Explorant le pouvoir de la musique de redonner vie au passé, il réunit quelques miniatures évanescentes de Chopin, Debussy, Satie et Valentin Silvestrov, lesquelles, selon les mots de la pianiste, « créent des climats de fragile réflexion, un mirage de ce qui a été, ou de ce qui aurait pu être ».
Dans son dernier album, The Messenger, sorti le 2 octobre 2020, Hélène Grimaud crée un dialogue captivant entre Valentin Silvestrov et Mozart. « Les couplages inhabituels m’ont toujours intéressée parce que j’ai le sentiment que certains morceaux peuvent donner un éclairage particulier à d’autres », explique-t-elle. C’est la Camerata Salzburg qui l’accompagne dans le Concerto pour piano K. 466 de Mozart et les deux pages de Silvestrov, Two Dialogues with Postscript et The Messenger – 1996 dont une version pour piano seul figure également sur le disque. Les Fantaisies de Mozart en ut mineur et en ré mineur complètent le programme.
Hélène Grimaud a ouvert la saison 2021–2022 au Hollywood Bowl où elle a interprété le Concerto de Schumann avec l’Orchestre de Los Angeles. À son agenda figure le Concerto en sol de Ravel avec l’Orchestre de Houston et Matthias Pintscher, en novembre, et avec l’Orchestre de Seattle et Peter Oundjian, en décembre ; le Concerto de Schumann avec l’Orchestre de la Tonhalle de Zurich et Paavo Järvi, en janvier, et avec l’Orchestre de Bamberg et Jakub Hrůša à Bad Kissingen, Düsseldorf, Hannovre, Cologne et Dortmund, en février ; le Concerto K. 466 de Mozart avec la Camerata Salzburg à Luxembourg, Berlin, Munich, Freiburg, Paris et Hambourg en février-mars.
Hélène Grimaud est sans aucun doute une artiste aux multiples talents. L’engagement profond dont elle fait preuve dans le domaine musical, aussi bien au concert que dans ses enregistrements, trouve un écho dans l’amplitude et l’intensité de ses autres passions, qu’elles soient environnementales, littéraires ou artistiques.

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