Maria João Pires

Quand Maria Joao Pires naît à Lisbonne (Portugal) le 27 juillet 1944, son père est décédé depuis deux semaines. Dès l’enfance, le piano qu’elle pratique à l’âge de cinq ans devient son terrain de jeu favori avant de veiller sur ses trois frères et soeurs. Présentée au public à l’âge de sept ans lors d’un Concerto pour piano de Mozart joué à Oporto, elle ressort lauréate d’un concours national des jeunes musiciens.

Diplômée du Conservatoire de Lisbonne, elle obtient une bourse pour étudier en Allemagne où elle reste cinq ans. D’abord à l’Académie de musique de Munich sous l’enseignement de Rosl Schmid puis à Hanovre avec le pianiste et pédagogue Karl Engel. En 1970, Maria Joao Pires est révélée sur la scène internationale en remportant le premier prix du Concours du bicentenaire Beethoven à Bruxelles. Dès lors s’engage une vie de tournées avec les plus grands orchestres (Berliner Philharmoniker, Boston Symphony Orchestra, Concertgebouw d’Amsterdam, London Philharmonic, Orchestre de Paris) ou en solitaire. Des obligations contractuelles que la pianiste aura du mal à accepter tout au long de sa carrière.

Acclamée au Queen Elizabeth Hall en 1986, Maria Joao Pires signe un contrat d’exclusivité avec la marque Deutsche Grammophon pour laquelle elle enregistre une grande partie du répertoire pour piano de son compositeur fétiche, Mozart. Son premier enregistrement en 1989 est cependant consacré à Schubert avant l’enregistrement d’une intégrale des Sonates pour piano de Mozart et le premier cycle des Sonates pour violon et piano avec Augustin Dumay. Fêtée à New York puis au Festival de Salzbourg avec Claudio Abbado et le Wiener Philharmoniker, c’est avec les mêmes chef et orchestre qu’elle entame une série de Concertos pour piano (1991) avant de repartir en tournée avec Augustin Dumay dans un récital consacré à Brahms et un autre à Schumann et Chopin (1994), en sus d’un enregistrement des Sonates de Grieg.

Fait rare dans l’histoire du Grand Prix du disque, la soliste est récompensée quatre fois d’affilée : en 1995 pour son premier récital Chopin (Concerto pour piano n°2 avec André Prévin et les 24 Préludes) ; l’année suivante pour son ensemble de Partitas et Suites française et anglaise de Bach et deux fois en 1997 pour un programme des Nocturnes de Chopin et les Trios pour piano de Brahms avec Augustin Dumay et Jian Wang, suivis d’une tournée en trio. Entre temps, elle retrouve ensuite Claudio Abbado et le Chamber Orchestra of Europe pour les Concertos pour piano n°17 et 21 de Mozart puis étend son répertoire à Schumann et aux compositeurs français Debussy, Ravel et Franck.

Maria Joao Pires consacre les années suivantes à la création du Centre artistique de Belgais, une commune situé à l’est du Portugal. Cette initiative destinée à encourager les jeunes artistes occupe beaucoup la pianiste qui délaisse les enregistrements au profit de tournées en Europe et au Japon en solo, en duo ou avec différents orchestres conduits par Emmanuel Krivine, Bernard Haitink ou Trevor Pinnock

Elle reçoit en 2006 le Prix Don Juan de Borbon à Ségovie pour ses qualités artistiques et humaines. Cependant, le soutien du gouvernement portugais qu’elle attendait pour le Centre de Belgais n’est pas à la hauteur de ses espérances. La même année, la pianiste décide alors de s’exiler au Brésil, à Salvador de Bahia, et de limiter ses apparitions scéniques à une cinquantaine de concerts annuels. Un programme varié consacré à Chopin, salué par la presse en 2009, marque son retour dans les studios d’enregistrement.

Depuis, Maria Joao Pires continue de se produire en concert et dans les festivals avec parfois sept orchestres différents comme c’est le cas en 2009. Ses récitals en solo sont toujours très attendus et courus par les amateurs de piano.

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